Article Nord Littoral du 26-01-2018

L’intéressement se monte à 1939 euros pour chaque salarié, avec une prime en plus
Le P-DG de GetLink alias Eurotunnel commente l’année 2017 de son entreprise qui a publié ce jeudi les résultats annuels avec un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard d’euros.

Vendredi 26 janvier 2018, vu 57 fois // secteur Presse

Par Propos recueillis par Claire Duhar | Publié le 26/01/2018
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Jacques Gounon a commenté les résultats de son entreprise.

Quel regard portez-vous sur les chiffres de l’année 2017 qui viennent d’être publiés ?
« Je suis tout à fait satisfait avec une croissance de 4%, après une année précédente où on avait déjà fait 4% de croissance ; on est dans une dynamique de très bonne qualité. Ça montre que le Brexit n’a pas et n’aura pas d’impact sur nos flux commerciaux. Et le faiblissement de la livre n’empêche pas les Anglais de venir en France. C’est une grande satisfaction d’être dans une dynamique de croissance depuis huit ans. »

Le trafic est stable, vous justifiez cette stabilité par l’année bissextile en 2016, en quoi un jour de moins peut-il autant vous impacter sur une année ?
« On peut faire jusqu’à 10 000 camions par jour (NDLR : la moyenne sur l’année est de 4400 camions). On a raté le record historique de 2016 à 4000 camions près... On a aussi pâti des mauvaises conditions climatiques en Espagne en début d’année, et le trafic espagnol c’est 11% de nos volumes. Nous avons aussi eu des opérations de maintenance préventive en novembre qui nous ont fait perdre un peu de nos capacités. »

Quelle a été la raison de ce problème et comment a-t-il été réglé ?
« La cause est assez savoureuse. Pour qu’un train circule, il faut graisser les roues et les rails à l’aide d’un graisseur. La SNCF a changé de modèle et nous avons décidé de suivre son choix, qui devait être mûrement réfléchi, quand il a fallu changer nos graisseurs. En réalité, ça ne fonctionne pas chez nous. A la SNCF, les voies sont droites. Chez nous, il y a deux grandes boucles à chaque extrémité. Et ça coince dans les courbes. Nous avons donc accéléré les opérations de maintenance pour remettre les anciens modèles de graisseur. »

Comment expliquer que les autocars sont en baisse à la fois au tunnel et au port ?
« C’est un petit marché qui est très variable en fonction des destinations et des jeux entre les acteurs. »

Le trafic est stable mais vos revenus sont en hausse, c’est lié au yield management et à l’augmentation des prix ?
« Oui, c’est le yield management qui l’explique et nous permet d’ajuster nos prix en fonction de la demande. Donc de les augmenter si la demande est forte. »

Vos revenus annexes ont fortement augmenté en fin d’année, de quels revenus s’agit-il ?
« Nous avons obtenu une prime de 3 millions pour chacune de nos nouvelles navettes pour les économies d’énergie qu’elles génèrent. Deux sont déjà en circulation. La troisième devrait être mise en route dans l’année. »
Quelles sont les perspectives pour 2018 ?
« Janvier est très bien pour le moment. On est aidé par les tempêtes. Pour le reste de l’année, on est confiant, il y a une très bonne vitalité du secteur des livraisons express et le marché transmanche va être en croissance. »

Quels projets pour 2018 sur la concession ?
« Les travaux d’Eleclink se poursuivent dans les temps. Nous allons mettre en place Flexiplus en Angleterre fin avril et nous continuons notre processus de digitalisation. 27 chantiers ont été lancés. »

Où en sont les travaux du scanner pour les trains fret ?
« Ils avancent bien. On espère une inauguration au printemps. »

Vous mettez en place Etica, un système d’aide aux nouveaux opérateurs dans le tunnel que vous avez créé pour le fret, à Eurostar, pourquoi ?
« Ce système a permis une reprise très significative des trains de marchandises dans le tunnel, ça a démontré son efficacité. Quand un opérateur ouvre une nouvelle destination, les trains circulent à vide au début et ça coûte cher au départ. Eurostar veut développer de nouvelles destinations, la première à en bénéficier sera Londres-Amsterdam, nous avons décidé de les aider, comme nous aiderons n’importe quel opérateur qui souhaite ouvrir une liaison passant par le tunnel sous la Manche. »

Avez-vous eu des demandes de nouveaux opérateurs ?
« Pour l’instant, non. »

Europorte, qui porte le fret ferroviaire, semble bien se porter...
« Europorte va bien et gagne de l’argent aujourd’hui. Nous continuons à nous développer avec sagesse et tranquillité. »

Vous venez de signez les accords NAO, des négociations annuelles obligatoires. Comment se sont-elles passées ?
« Les accords ont été signés mardi. Les salaires augmenteront comme l’inflation, plus 0,2%. L’intéressement se monte à 1939 euros et il y a une prime spéciale, pour les 30 ans des débuts des travaux, de 250 euros par personne. L’intéressement est important pour moi, c’est la preuve que la maison a bien marché grâce aux salariés et ça les récompense légitimement. »

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